Pour commémorer le centenaire de la naissance de Romain Gary, sa maison d’édition Gallimard vient de publier un entretien que l’écrivain avait accordé en 1980 à Radio-Canada, quelques mois seulement avant de se donner la mort sous le titre de Le Sens de Ma Vie. Lui-même le pressentait : « Je pense ne plus avoir assez de vie devant moi pour écrire une autre autobiographie. » En seulement une centaine de pages, avec ses mots issus d’un entretien donné à l’oral, Gary revient sur les grands événements qui ont selon lui marqué sa vie. S’attardant sur certains, en évitant d’autres. De sa naissance dans la ville de Vilnius faisant alors partie de l’empire russe, à son installation avec sa mère Mina en Pologne, à son arrivée à Nice dans le sud de la France à l’âge de quatorze ans, puis à ses péripéties en tant qu’aviateur durant la Seconde Guerre Mondiale en passant bien sûr par sa vie d’écrivain, de diplomate, d’époux amoureux et parfois jaloux de l’actrice Jean Seberg… les différentes épaisseurs de l’existence de Romain Gary s’enchaînent à cent à l’heure devant les yeux du lecteur.

La/les vie(s) devant soi…

Cette vie riche d’intrépide l’emmènera au quatre coins du monde. A celle-ci, il faudra également ajouter ses vies inventées d’écrivain sous les noms de Shatan romain-gary Bogat, Fosco Sinibaldi et surtout Emile Ajar qui lui fera remporter pour la seconde fois le prix Goncourt avec La Vie Devant Soi, dix-neuf ans après l’avoir reçu pour Les Racines du Ciel. Le documentaire La Double Vie de Romain Gary de Philippe Kohly revient d’ailleurs avec précisions sur les années Emile Ajar et les péripéties qui en découleront…

De La Promesse de l’Aube, aux Mangeurs d’Etoiles, en passant par Chien Blanc, La Vie Devant soi ou Les Cerfs-Volants (dernier roman paru de son vivant)… Romain Gary reste une figure unique et incontournable du paysage littéraire français et européen. Son style et sa façon inimitable de conter des histoires plus ou moins proches de sa vie, toujours de manière touchante et profonde, en fait un écrivain qu’il est nécessaire de lire ou de relire…

Crédit photo : Ferran Jordà/Flickr et La Vie Devant Nous/Flickr