Ne pas laisser le souvenir d’être cher s’évanouir. Garder une trace noir sur blanc de l’existence d’un proche. Essayer de comprendre ce geste ultime : celui de mettre fin à sa vie. La romancière Delphine de Vigan s’est attelée à cette lourde tâche en relatant la vie de sa mère, Lucile.

Détective du passé familial

En remontant le fil du mal-être latent de Lucile, Delphine de Vigan relate l’enfance, le fonctionnement et les dysfonctionnements de sa famille maternelle, le quotidiens, les vacances, les moments de joie, les non-dits, les disparitions parfois violentes… la vie d’une famille à la fois unique et banale. rien ne s'oppose à la nuit delphine de vigan

Pour Lucile, pour sa sœur Manon mais aussi pour ses enfants, l’auteure met à plat l’existence d’une mère au caractère secret et parfois dépressif. Elle confronte ses souvenirs à ceux de ses proches, devient le détective d’un passé familial commun en interrogeant notamment ses oncles et tantes. Car la mémoire nous joue parfois des tours : elle dilue, déforme, altère ou passe sous silence certains épisodes.

Avec élégance et tact, Delphine de Vigan nous laisse entrapercevoir l’intimité d’une famille en apparence sans histoire. Pour ne pas qu’une vie soit oubliée et qu'au final la lumière s’oppose à la nuit.

Crédit photo : mll/Flickr