Du XVIe au début du XXe siècle, numéros de cirque et de cabaret, expositions universelles, villages reconstitués, exhibaient des êtres humains aux yeux de spectateurs et visiteurs occidentaux. De Paris, à Londres en passant par Tokyo ou New York, le public venait observer l’autre, le « sauvage ». Cette mode s’est accentuée d’autant plus au temps de la colonisation, ces expositions venant justifier l’aspect civilisateur de l’occident sur les territoires d’Outre-mer. Sous forme d’affiches, de photographies, de spectacles, le visiteur venait assouvir son voyeurisme en observant la différence voire le handicap ou la malformation.

L’exemple de Venus Hottentote

L’un des exemples les plus développés au sein de cette exposition est celui de Saartjie Baartman, surnommée la Venus Hottentote. C’est au début du XVIIIe siècle, l'invention du sauvageque cette jeune femme noire originaire d’Afrique du Sud est exhibée à Londres puis à Paris : Saartjie était notamment dotée d’une hypertrophie des hanches et des fesses. Vénus Noire, film sorti en 2010 signé Abdellatif Kechiche retraçait le terrible destin de la jeune femme.

C’est dans une optique didactique et sous le signe de la tolérance que cette exposition réalisée sous l’égide de Lilian Thuram, président de la fondation Education contre le Racisme, a été bâtie : il s’agit avant tout de comprendre d’où viennent les racines du racisme et des constructions mentales qui mènent à rejeter l’autre pour ce qu’il est.

Crédit photo : Yug and Her/FlickR